catherine koenig
lundi, 11 juillet, 2022
Cycles de conférences en histoire de l'art

Cycle : La Rhénanie à la Renaissance

L’Humanisme Rhénan
Entre lumières et obscurité

L’humanisme rhénan occupe une place toute particulière dans l’histoire de l’Europe. Il se déploie à la suite du Concile de Bâle qui s’est tenu entre 1431 et 1449. C’est là que sont arrivés de Constantinople les textes grecs et latins fondateurs de l’humanisme de la Renaissance.

Dans les oeuvres peints de cette époque, la lumière est Révélation sacrée qui illumine le monde, la matérialisation de la transcendance divine. Mais elle acquiert désormais une importance nouvelle : elle éclaire le monde des hommes, rend visible les êtres et les choses en leur donnant une matérialité
réaliste et singulière.

Conrad WItz. St Christophe et l’Enfant Jésus. 101.5 x 81 cm; Mischtechnik auf Eichenholz; Inv. 646. Kunstmuseum de Bâle. 1435

Mathias Grünewald
Le retable d’Issenheim

C’est le chef-d’oeuvre de l’art Rhénan réalisé à la charnière du Moyen-Age et de la Renaissance dans la haute vallée du Rhin. Ce retable de 1519, redécouvert à la fin du XIXe Siècle, témoigne d’un changement des mentalités où se lient l’angoisse devant la mort et la recherche d’un nouvel art pictural.
Il fut commandé à Grünewald une oeuvre thérapeutique, conception conforme à la pensée magique de l’homme de l’automne du Moyen-Age, écartelé entre la crainte pour son Salut et une curiosité pour le Monde inépuisable.

Mathias Grünewald. La Crucifixion. HxB: 74.9 x 54.4 cm; Mischtechnik auf Lindenholz; Inv. 269. 1516. Kunstmuseum de Bâle

Hans Holbein
Le doute de l’humanisme

A Bâle, ville rhénane où Holbein s’est installé en 1515, berceau de l’Humanisme Rhénan qu’il fera la connaissance d’Erasme de Rotterdam, qui faisait éditer ses ouvrages chez Froebius, son éditeur attitré. La peinture de Holbein le Jeune se nourrit d’influences rhénanes et italiennes pour réaliser une synthèse éblouissante de la peinture de l’Europe du Nord et de la peinture italienne. Ses portraits sont saisissants de vérité, il arrive à capter la personnalité qui affleure sous les étoffes luxueuses.

Mais, chez Holbein, se dévoile l’autre face de l’humanisme, celle du doute, des angoisses, de la perception de la finitude humaine et de sa vanité. Elle se lit dans les lueurs vespérales qui éclairent le corps du Christ mort; elle se diffuse dans les objets disposés avec soin sur la console des ambassadeurs.

Hans Holbein le Jeune. Portait d’Érasme de Rotterdam. HxB: 37.1 x 30.8 cm; Mischtechnik auf Papier, auf Tannenholz aufgezogen; Inv. 319. 1520. Kunstmuseum de Bâle